17 mai 2013

Mastectomie préventive et la chirurgie reconstructive

La mastectomie préventive est un sujet d'actualité. Notamment, suite aux déclarations d'Angelina Jolie, la star hollywoodienne, qui a bénéficié de cette chirurgie en raison d'un risque probablement élevé de cancer mammaire. 

En tant que chirurgien plastique, je crois qu'il est important d'apporter quelques précisions à ce sujet. La mastectomie préventive n'est pas une fatalité, les patientes, sélectionnées de manière rigoureuse pour bénéficier de cette chirurgie peuvent dans le même temps opératoire retrouver leur intégrité corporelle. En effet, par une collaboration entre gynécologue et chirurgien plastique, il est tout à fait possible de reconstruire la poitrine dans le même temps opératoire.

Dans le cas d'une mastectomie préventive, appelée également mastectomie sous-cutanée,  une excision ciblée et limitée de la glande mammaire est effectuée. La peau recouvrant la glande et une partie de la graisse sous-cutanée est laissée en place. De plus, la cicatrice limitée au pourtour de l'aréole reste discrète. La reconstruction mammaire est ainsi facilitée et permet d'obtenir des résultats qui sont nettement supérieurs, donc très naturels comparativement à ce que l'on obtiendrait après une mastectomie classique. 

En effet, lors d'une mastectomie classique, en général, on prélève plus amplement les tissus   mammaires et on laisse une large cicatrice difficile à cacher. Ce qui nécessite l'apport d'une quantité plus importante de volume pour reconstruire le sein, demande une chirurgie reconstructive mammaire plus complexe dont le résultat n'est pas toujours aussi naturel qu'après une mastectomie préventive. 


Principalement, deux techniques de reconstruction mammaire peuvent être proposées en même temps qu'une mastectomie préventive et le choix doit être discuté avec la patiente. La reconstruction par implant qui donne un résultat immédiat. Le lipomodelage peut nécessiter une intervention supplémentaire, l'avantage étant de n'utiliser que les propres tissus de la patiente.

13 mars 2013

Le danger de la chirurgie esthétique à l'étranger

Le danger de la chirurgie plastique à l'étranger


Les dangers liés à la chirurgie esthétique à l'étranger avaient déjà été soulignés dans un article de ce blog ("les dangers liés au tourisme médical"). Mais, il me semblait important de réattirer l'attention des lecteurs et futurs patients sur ce phénomène qui n'a, malheureusement, pas disparu et qui a fait le sujet d'un article dans le Journal le matin du 9 mars 2013.
Le danger particulier est dû aux bactéries incriminées qui sont résistantes à tous les antibiotiques disponibles, ce qui rend le traitement des patients infectés très difficile.
La cause première du développement de ces bactéries est l'utilisation abusive des antibiotiques dans certains pays, notamment en Asie du sud-est. Ces bactéries possèdent un gène de résistance capable de neutraliser les antibiotiques les plus puissants. Environ dix cas d'infection de ce type ont été recensés en Suisse, heureusement sans conséquences mortelles pour l'instant.
Pour éradiquer les bactéries multirésistantes, la démarche serait de pouvoir contrôler la consommation abusive des antibiotiques. Des compagnes sont organisées dans ce sens par certains pays, notamment par la France. L'OMS demande également aux gouvernements de prendre des mesures de restrictions de consommations des antibiotiques.
Nous espérons donc une meilleure gestion des antibiotiques et une solution définitive à ce problème. En attendant, une des mesures immédiates serait d'éviter de subir des interventions chirurgicales à l'étranger où il y aurait un risque de contracter ces bactéries. Cela pour deux raisons, d'abord en vue de prévenir de contracter les bactéries multirésistantes, avec le risque de morbidité voire mortalité importante que cela puisse comporter durant la période post-opératoire. Puis, afin d'éviter d'importer ces bactéries et de créer un problème sanitaire en Suisse en transmettant la bactérie à d'autres personnes.







8 janv. 2013

Dr J. Murray, chirugien plasticien, pionnier de la transplantation et prix Nobel de médecine



Lauréat du prix Nobel et chirurgien plasticien Joseph Murray est décédé lundi 26 novembre à l'âge de 93 ans.

Diplômé en 1943 de la Harvard Medical School à Boston, le Dr Murray a été chirurgien de guerre durant la seconde guerre mondiale, traitant des soldats blessés et grièvement brûlés.

Un des patients les plus mémorables du Dr Murray a été Charles Woods, un pilote d'avion qui a survécu à des brûlures étendues, notamment au visage et aux mains. La prise en charge de ce patient qui a nécessité d'importantes greffes de peau, a été le point de départ des réflexions et travaux scientifiques du Dr Murray qui ont mené à la première greffe d'organe.

Le Dr Murray a effectué cette première greffe d'organe chez l'homme en décembre 1954. Richard Herrick, a ainsi reçu un rein fonctionnel de son frère jumeau. Depuis cet exploit médical et jusqu'à aujourd'hui, plus 600.000 patients ont bénéficié d'une greffe d'organe. En 1990, le Dr Murray a reçu le prix Nobel de médecine pour cette avancée majeure de la médecine. 

«Je me suis toujours considéré comme un spécialiste en chirurgie plastique reconstructive», confesse le Dr Murray lors d'une interview en 2006. «La transplantation n'est qu'un outil, il s’agit d’un type de reconstruction."


L'autre type de chirurgie reconstructive que Dr Murray a également aimé pratiqué est la chirurgie esthétique, qui a pris de l'essor durant la deuxième moitié du 20ème siècle.


"Que vous réparez une petite imperfection de la joue ou que vous entrepreniez une reconstruction majeure du visage, pour le patient, vous allez améliorer sa qualité de vie de la même manière" a également déclaré le lauréat du prix Nobel.






3 déc. 2012

Interview sur la place de la chirurgie plastique dans notre société

Ecoutez l'interview sur Radio Cité

Lors de cette interview, j'ai essayé d'exposer mon point de vue sur la place de la chirurgie plastique dans notre société, l'évolution qu'elle a subie et son avenir.





12 nov. 2012

"La chirurgie plastique et la problématique de l'image"

Interview Radio du Dr Navid ALIZADEH

Radio Cité (FM 92.2) diffusée après le flash info le:


- Mardi 13 novembre à 7h30 , 12h30  et 18h30 



- Mardi 20 novembre à 7h30 , 12h30  et 18h30 


- Mardi 27 novenbre à 7h30, 12h30  et 18h30 




19 mai 2012

Liaison dangereuse: Médecine esthétique et les médias

Les médias font de plus en plus l'écho des nouvelles techniques médicales esthétiques. Dans certains cas, il s'agit d'avancées médicales au service des patients. Mais, une promotion dans un magazine, sur internet ou à la télévision n'est pas toujours le gage de la qualité d'une technique médicale. Ces promotions médiatiques prennent parfois des médecins peu critiques comme témoin, ce qui peut faussement rassurer les lecteurs. 

En raison des promotions médiatiques, ce sont aujourd'hui les patients qui viennent consulter chez le chirurgien avec une demande de technique particulière. Le chirurgien scrupuleux, en refusant de pratiquer une technique pour laquelle il existe peu de recul, a plus du mal à se faire entendre et voit parfois son patient partir chercher ailleurs à satisfaire sa demande. 

Le Macrolane, en est un exemple. Il s'agit d'un gel d'acide hyaluronique proposé comme alternative à une augmentation mammaire. Après plusieurs mois de promotion et d’utilisation, certains pays européens, notamment la France, ont dernièrement interdits le Macrolane dans cette indication.

Quand la pression de l'industrie est forte et que les médias jouent le jeu, le risque de dérive existe. Les médecins doivent bien sûr avoir la liberté de proposer des nouvelles techniques, sinon les avancées de la science ne verraient pas le jour. Mais, cela ne doit pas être sous la pression des médias, ni de l'industrie.

20 févr. 2012

La chirurgie plastique pratiquée par des médecins non-spécialistes

Dans l'article paru dans 20 minutes Online du 8 février 2012. L'auteur reporte: "en Suisse, une opération des seins sur cinq est effectuée par un médecin non qualifié. En toute légalité." 

Il est vrai qu'aujourd'hui, la loi autorise tout médecin à pratiquer la chirurgie esthétique. Pourtant, c'est une spécialité qui exige clairement des compétences précises et une formation continue auxquels tout médecin ne peut prétendre.

Il se trouve que la Société Suisse de Chirurgie Plastique Reconstructive et Esthétique a eu récemment l'idée, à mon sens judicieuse, d'écrire une lettre à la Confédération pour demander que les compétences des chirurgiens pratiquant notre spécialité soient mieux contrôlées.

De son côté, le médecin cantonal zurichois estime que la loi actuelle est suffisante. Il rappelle que «des mesures disciplinaires peuvent toujours venir sanctionner les médecins qui font quelque chose qu’ils ne maîtrisent pas».

Cette dernière idée est selon moi injustifiable. Quand il s'agit de la santé publique, il me semble qu'il faut agir en aval des risques courus par les patients plutôt que de devoir prendre les "mesures disciplinaires" en amont. Il semblerait que l'expression "mieux vaut prévenir que guérir" ne s'applique pas à la médecine dans notre pays. 

La France a de l'avance dans ce domaine. Je l'avais déjà constaté en 2010 dans ce blog (message du 16.06.2010). Le secrétariat de l'Etat à la Santé et l'Ordre des médecins sont très actifs pour contrôler la pratique médicale dans l'Hexagone. L'exemple le plus récent concerne l'utilisation par les dentistes de produits de comblements esthétiques de visage qui serait semble-t-il bientôt interdite.

Je dois malheureusement constater que la situation n'a pas beaucoup évoluée dans notre pays depuis 2010 alors que la Communauté Européenne planche sur une réglementation. En attendant une réglementation suisse plus stricte, inspirée pourquoi pas de la France ou de la CE, nous avons sur notre site internet établi une liste des critères qui permettent de choisir un spécialiste compétent en chirurgie plastique.