La mastectomie
préventive est un sujet d'actualité. Notamment, suite aux déclarations d'Angelina Jolie, la
star hollywoodienne, qui a bénéficié de cette chirurgie en
raison d'un risque probablement élevé de cancer
mammaire.
En tant que chirurgien plastique,
je crois qu'il est important d'apporter quelques précisions à ce sujet. La mastectomie préventive n'est pas une
fatalité, les patientes, sélectionnées de manière rigoureuse pour bénéficier de cette chirurgie peuvent dans le même temps opératoire retrouver leur intégrité corporelle. En effet,
par une collaboration entre gynécologue et chirurgien plastique, il est tout à fait possible de
reconstruire la poitrine dans le même temps opératoire.
Dans
le cas d'une mastectomie préventive, appelée également mastectomie sous-cutanée, une excision ciblée et limitée de la glande mammaire est effectuée. La peau recouvrant la glande et une partie de la graisse sous-cutanée
est laissée en place. De plus, la cicatrice limitée
au pourtour de l'aréole reste discrète. La reconstruction mammaire est ainsi facilitée et permet d'obtenir des résultats qui sont nettement
supérieurs, donc très naturels comparativement à ce que l'on
obtiendrait après une mastectomie classique.
En effet, lors d'une mastectomie classique, en général, on prélève plus amplement les tissus mammaires et on laisse une large
cicatrice difficile à cacher. Ce qui nécessite l'apport d'une
quantité plus importante de volume pour reconstruire le sein, demande une chirurgie reconstructive mammaire plus complexe dont le résultat
n'est pas toujours aussi naturel qu'après une mastectomie préventive.
Principalement, deux techniques de reconstruction mammaire peuvent être proposées en même temps qu'une mastectomie préventive et le choix doit être discuté avec la
patiente. La reconstruction par implant qui donne un résultat
immédiat. Le lipomodelage peut
nécessiter une intervention supplémentaire, l'avantage étant de n'utiliser que les propres tissus de la patiente.